Louis de Rouvroy de Saint-Simon
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, voit le jour à Paris le 16 janvier 1675. Son baptême, célébré le 29 juin 1677 dans la chapelle du château de Versailles, est marqué par la présence de grandes figures : Louis XIV en tant que parrain et la reine Marie-Thérèse d'Autriche en tant que marraine. Courtisan, mémorialiste et pair de France, il laisse une empreinte indélébile dans l'histoire, s'éteignant à Paris le 2 mars 1755.
Qualifié d'« espion sagace et fantasque de Versailles », Saint-Simon se fait le témoin privilégié des dernières heures du règne de Louis XIV et de la Régence. Nostalgique d'un âge d'or monarchique, il aspire à incarner un duc et pair professionnel tout en défendant l'idée d'une « aristo-monarchie à visage humain », révélatrice d'une profonde spiritualité. Théoricien de la hiérarchie sociale, il propose une vision intériorisée de l'inégalité, ancrée dans une tradition ancestrale.
Imprécateur tenace et irréductible, il prophétise la chute imminente de la monarchie face aux assauts de ceux qui cherchent à renverser « ce qui est grand par soi-même ». La cour, à ses yeux, se dessine comme l'expression esthétique d'une norme aristocratique.
Son œuvre, riche en diversité stylistique et en profondeur thématique, témoigne d'une cohérence remarquable dans la vision d'un monde révolu, fascinant et obsédant. Loué pour son art de la parole et sa liberté d'expression, Saint-Simon est reconnu comme l'un des plus grands écrivains français du XVIIIe siècle. Ses Mémoires se dressent comme un monument incontournable de la littérature française.
Michelet résume parfaitement l'impact de Saint-Simon sur ceux qui l'étudient : « Je l'ai adopté, critiqué. Je l'ai aimé et désaimé. Le fruit de ces variations, c'est que j'ai pu enfin acquérir, en face de ce rude seigneur, une certaine liberté ».