Éric Rohmer
Éric Rohmer, figure emblématique de la Nouvelle Vague, est né le 21 mars 1920 et nous a quittés le 11 janvier 2010 dans le 13e arrondissement de Paris. Son œuvre cinématographique, riche de vingt-trois longs métrages, se distingue par son approche unique et personnelle, s'articulant principalement autour de trois cycles : les Contes moraux, les Comédies et proverbes, ainsi que les Contes des quatre saisons. En reconnaissance de sa contribution au septième art, il a été honoré d'un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise en 2001, rejoignant ainsi les grands noms tels que Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Chabrol et Jacques Rivette.
Comme nombre de ses contemporains de la Nouvelle Vague, Rohmer débute sa carrière en tant que critique de cinéma. À la fin des années 1940, il commence à écrire des articles et intègre rapidement les Cahiers du cinéma, dont il devient rédacteur en chef entre 1957 et 1963. Parallèlement, il réalise des courts métrages tout au long des années 1950, avant de présenter son premier long métrage en 1959, Le Signe du Lion. Cependant, ses débuts ne rencontrent pas le succès escompté, contrairement à ceux de ses collègues.
Écarté des Cahiers du cinéma par Jacques Rivette en 1963, Rohmer se tourne vers la télévision scolaire, réalisant des films pédagogiques tout en amorçant la création de ses Six contes moraux. Pour garantir son indépendance financière, il co-fonde avec Barbet Schroeder sa propre société de production, Les Films du Losange. La reconnaissance arrive en 1967 avec La Collectionneuse, suivie d'une renommée internationale grâce à des œuvres marquantes telles que Ma nuit chez Maud (1969), Le Genou de Claire (1970) et L'Amour l'après-midi (1972).
Au cours des années 1980, après avoir exploré des adaptations littéraires avec La Marquise d'O… et Perceval le Gallois, il se consacre à ses six films du cycle Comédies et proverbes. Les années 1990 le voient réaliser le cycle des Contes des quatre saisons. Dans les années 2000, il revient aux films d'époque avec des œuvres telles que L'Anglaise et le Duc (2001), Triple agent et Les Amours d'Astrée et de Céladon.
Le cinéma d'Éric Rohmer se caractérise par une exploration profonde des thèmes de l'amour et de la séduction, une écriture soignée et des dialogues percutants. Malgré sa renommée, il a souvent privilégié une approche artisanale, tournant avec une équipe réduite et une caméra 16 mm, témoignant ainsi de son attachement à une certaine forme d'authenticité.