Zachary Taylor
Zachary Taylor, né dans une famille influente de planteurs en Virginie, a vu sa jeunesse marquée par un déménagement vers le Kentucky. Au fil des années, il devient propriétaire de plusieurs plantations en Louisiane et au Mississippi, où il gère un grand nombre d'esclaves, confiés à des intendants en raison de son engagement militaire prolongé.
Entré dans l'armée en 1808, Taylor s'illustre rapidement durant la guerre anglo-américaine de 1812. Sa carrière militaire prend un tournant lorsqu'il fonde des forts le long du fleuve Mississippi et participe à la guerre de Black Hawk en 1832. Ses victoires lors de la Seconde Guerre séminole lui valent le surnom de "Old Rough and Ready", un titre qui illustre son style de commandement décontracté mais efficace.
En 1845, alors que l'annexion du Texas s'intensifie, le président James K. Polk le dépêche au Río Grande pour anticiper une éventuelle confrontation avec le Mexique. La guerre éclate en mai 1846, et Taylor mène brillamment ses troupes à la victoire lors de batailles emblématiques telles que celles de Palo Alto et Monterrey. Son statut de héros national émerge alors, propulsant ses partisans à l'encourager à se présenter à l'élection présidentielle de 1848.
Malgré son intérêt limité pour la politique et un programme flou, le Parti whig réussit à le convaincre de se porter candidat. Il remporte les élections face au démocrate Lewis Cass. En tant que président, Taylor adopte une posture distante vis-à-vis du Congrès et de son cabinet, alors que des tensions croissantes menacent l'unité du pays. Les débats autour de l'esclavage dans les nouveaux territoires acquis par le Mexique exacerbent les inquiétudes des sudistes, qui envisagent la sécession. Bien qu'il soit lui-même propriétaire d'esclaves, Taylor refuse d'étendre l'esclavage et encourage les colons du Nouveau-Mexique et de Californie à rédiger des constitutions pour obtenir le statut d'État, une démarche qui mènera au compromis de 1850 peu après sa mort.
Sa carrière militaire, riche de quarante ans, se conclut par la victoire américaine lors de la guerre américano-mexicaine, cimentant son image de héros. Malheureusement, son mandat présidentiel ne dure que seize mois avant qu'il ne succombe à une maladie de l'estomac en juillet 1850. Bien qu'atteint d'une santé fragile tout au long de sa vie, son décès survient sans qu'il ait pu résoudre la question cruciale de l'esclavage, laissant un héritage complexe dans un pays déjà sur le chemin de la guerre de Sécession.