Âge40 ans (à son décès)
Naissance28/09/1932
Décès16/09/1973
PaysChili
MétierPersonnalité politique, librettiste, enseignant, auteur-compositeur-interprète, écrivain, auteur-compositeur, acteur, scénographe, poète, chanteur, militant social, metteur, guitariste, musicien, parolier, gestionnaire culturel, artiste d'enregistrement
Víctor Jara
Né le 28 septembre 1932 et tragiquement disparu vers le 15 septembre 1973 à Santiago, Víctor Jara est avant tout reconnu comme une figure emblématique de la chanson populaire chilienne et un cantautor talentueux. En plus de sa carrière musicale, il s'est illustré en tant qu'homme de théâtre, metteur en scène et professeur universitaire, laissant une empreinte indélébile sur le paysage culturel chilien. Son histoire est marquée par une fin tragique lors du coup d'État fasciste du 11 septembre 1973, un événement qui a choqué le Chili et le monde entier.
Musicalement, Jara est l'un des visages les plus emblématiques de la Nueva canción, un mouvement qui a vu le jour en Amérique latine, aux côtés de figures telles que Violeta Parra, Carlos Puebla et Mercedes Sosa. Il a été l'un des pionniers de la nueva canción chilena, collaborant avec des groupes légendaires comme Quilapayún, Inti Illimani et Illapu. Sa carrière l'a également amené à croiser le chemin d'Isabel et Ángel Parra, notamment à la Peña de los Parra, un lieu culturel fondé par les enfants de Violeta Parra. Dans son répertoire, il a souvent intégré des chansons de cette dernière, témoignant de son profond respect pour son héritage.
La Nueva canción se caractérise par une fusion de racines autochtones et folkloriques, tout en revendiquant des thèmes sociaux et politiques. Jara a su capter l'essence de ce mouvement à travers ses compositions engagées, qui dénoncent la bourgeoisie chilienne et critiquent des événements contemporains comme la guerre du Viêt Nam. Ses chansons évoquent des luttes sociales et politiques, abordant des sujets tels que la grève, la réforme agraire et la révolution.
Membre du Parti communiste chilien, Jara était un fervent supporter de l'Unité populaire et du président Salvador Allende. Ses œuvres rendent hommage à de grandes figures révolutionnaires latino-américaines, tout en célébrant le peuple et ses luttes. Des titres emblématiques comme "Te recuerdo Amanda" et "El Arado" illustrent son engagement envers l'amour, l'enfance et les luttes sociales.
Lors du coup d'État militaire du 11 septembre 1973, Víctor Jara est arrêté, emprisonné et torturé à l'Estadio Chile, aujourd'hui rebaptisé stade Víctor Jara en son honneur. C'est dans ces sombres circonstances qu'il compose son dernier poème, "Estadio Chile", qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce cri du cœur, bien que resté inachevé, a été caché pour le préserver et a traversé les âges jusqu'à nous.
Sa fin tragique survient peu après son arrestation : torturé et exécuté entre le 14 et le 16 septembre, il est victime d'une violence inouïe visant à faire taire sa voix. Selon les témoignages, dont celui de sa veuve Joan Jara, il a été retrouvé criblé de balles, ses mains ayant subi des violences inhumaines. Malgré cette tragédie, son héritage perdure : "Mientras cantemos sus canciones, mientras su valor pueda inspirarnos más valor, Víctor Jara no morirá" – tant que ses chansons résonneront, son esprit vivra à jamais.