Théodora (impératrice, épouse de Justinien Ier)
Théodora, impératrice byzantine emblématique, voit le jour vers 500, probablement à Chypre ou en Paphlagonie, et s'éteint en 548 à Constantinople. Elle partage le trône avec son époux, Justinien, de 527 à 548, s'imposant comme l'une des figures féminines les plus influentes de l'histoire byzantine.
Les débuts de la vie de Théodora restent enveloppés de mystère. La principale référence sur sa jeunesse est l'Histoire secrète, un récit controversé mêlant violence et érotisme, où il est ardu de démêler le vrai du faux. Selon l'historien Procope de Césarée, elle serait la fille d'un dresseur d'ours, Akakios, qui œuvrait à l'hippodrome de Constantinople, tandis que sa mère, dont le nom reste inconnu, était danseuse et comédienne.
Dans sa jeunesse, Théodora est décrite par Procope comme danseuse et courtisane. Un voyage en Libye et en Égypte lui permet d'acquérir une solide culture et une expérience politique locale. De retour à Constantinople, elle croise le chemin de Justinien, le futur empereur. Séduit par son charisme et sa force de caractère, Justinien l'épouse et l'associe à son règne. Ensemble, ils transforment l'Empire byzantin entre 527 et 548, avec Théodora jouant un rôle clé dans les réformes législatives, notamment en faveur des droits des femmes. Bien qu'elle ne partage pas l'appétit territorial de son mari, elle soutient ses décisions politiques.
En 532, une révolte éclate à Constantinople, poussant Justinien à envisager la fuite. C'est alors que Théodora intervient avec courage pour le dissuader, garantissant ainsi la pérennité de son règne. Par la suite, Justinien sollicite régulièrement son avis, notamment pour la reconstruction de la capitale après cette crise. Le couple apparaît soudé malgré quelques divergences, notamment sur la question des monophysites.
Théodora ne gouverne pas seule ; elle s'entoure d'un solide réseau politique, incluant sa fidèle alliée Antonina et le chef des eunuques Narsès. Femme de caractère, habile et parfois impitoyable, elle se distingue comme l'une des souveraines les plus puissantes de son époque. Son ascension sociale est remarquable et continue d'inspirer.
Les siècles suivants n'ont pas manqué de rendre hommage à sa légende à travers diverses œuvres artistiques. Les mosaïques de la basilique Saint-Vital à Ravenne en Italie immortalise son image aux côtés de Justinien, témoignant de l'admiration qu'elle suscite encore aujourd'hui.