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Photo de Sixième rapport d'évaluation du GIEC
Source : Wikimedia | Par : Efbrazil, GIEC | Licence : CC BY 4.0

Sixième rapport d'évaluation du GIEC

Le Sixième Rapport d'Évaluation (AR6) des Nations Unies se positionne comme une référence incontournable dans l'analyse des enjeux liés au réchauffement climatique. Échelonné entre 2021 et 2023, ce rapport marque l'achèvement du sixième cycle d'évaluation du GIEC, enrichi par trois rapports spéciaux publiés en 2018 et 2019.

Fruit d'un travail collaboratif de plusieurs centaines d'experts répartis en trois groupes de travail, ce document propose une synthèse des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur le climat. Chaque groupe aborde un aspect crucial : le premier se concentre sur les bases physiques du changement climatique, le second examine ses impacts sur l'humanité et la vulnérabilité des populations, tandis que le troisième se penche sur les stratégies d'atténuation. Chacun de ces volets est accompagné d'un « résumé à l'intention des décideurs », minutieusement relu et validé par des représentants gouvernementaux, souvent soumis à des pressions pour atténuer certaines conclusions.

Le premier volet, publié le 9 août 2021, établit sans équivoque que l'origine humaine du réchauffement climatique est indiscutable, avec une hausse de 1,1 °C des températures à la surface de la Terre depuis la période 1850-1900. Cette tendance alarmante entraîne déjà des conséquences visibles à l'échelle mondiale : fonte des glaciers, intensification des événements climatiques extrêmes, etc. Les projections indiquent que ces effets deviendront irréversibles, notamment la montée du niveau des mers, si les températures continuent d'augmenter.

Pour respecter les engagements de l'accord de Paris et limiter le réchauffement à 1,5 °C, il est impératif de réduire rapidement et drastiquement les émissions de CO2, tout en s'attaquant également aux autres gaz à effet de serre comme le méthane.

Le second volet, publié le 28 février 2022, met en lumière les impacts déjà ressentis par les populations et les écosystèmes. La vulnérabilité face à ces changements varie considérablement selon les contextes socio-économiques, exacerbée par la pauvreté et les inégalités. Les conséquences du réchauffement, telles que la hausse du niveau des océans et les événements climatiques extrêmes, risquent d'entraîner une augmentation de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire. Néanmoins, des mesures d'adaptation peuvent atténuer ces risques si elles sont fondées sur des principes d'équité et de justice sociale.

Le troisième volet, publié le 4 avril 2022, alerte sur le fait que l'humanité ne progresse pas dans la bonne direction : les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d'augmenter. Les engagements actuels des États pourraient mener à un réchauffement de 3,2 °C d'ici 2100. Pour éviter cela, une réduction drastique des émissions est nécessaire : 63 % d'ici 2050 pour un objectif de +2 °C et jusqu'à 84 % pour +1,5 °C. Ces efforts doivent commencer avant 2025 et se poursuivre jusqu'à atteindre zéro émission nette de CO2.

Le GIEC souligne également l'importance d'une transition vers des énergies renouvelables et d'une réduction de la dépendance aux combustibles fossiles. Les obstacles à cette transformation sont principalement d'ordre politique et social, alors même que les solutions existent.

Enfin, un rapport de synthèse regroupant ces trois volets a été publié le 20 mars 2023. Bien que ce rapport ait suscité un large écho médiatique, il a également été critiqué pour son caractère parfois jugé insuffisant. Des membres de la communauté scientifique s'engagent activement pour une action politique plus forte, certains rejoignant même le mouvement Scientist Rebellion. Ils plaident pour des rapports du GIEC plus fréquents et succincts afin de répondre aux enjeux cruciaux de cette décennie en matière de lutte contre le réchauffement climatique.