Roman von Ungern-Sternberg
Nikolai Robert Maximilian Freiherr von Ungern-Sternberg, plus connu sous le nom de Roman von Ungern-Sternberg ou le baron Ungern, est une figure marquante et controversée de la guerre civile russe. Né le 10 janvier 1886 à Graz et décédé le 15 septembre 1921 à Novossibirsk, ce général anticommuniste s'est distingué par son rôle de chef de guerre indépendant en Mongolie, où il s'est opposé à l'influence chinoise.
Issu de la minorité allemande balte au sein de l'Empire russe, Ungern était un fervent monarchiste ultraconservateur, animé par le désir de restaurer la monarchie russe après les bouleversements de 1917. Son ambition ne s'arrêtait pas là : il rêvait également de faire renaître l'Empire mongol sous le règne du Bogd Khan. Son intérêt pour le bouddhisme Vajrayana, couplé à ses méthodes souvent excentriques et brutales envers ses ennemis et même ses propres hommes, lui a valu les surnoms évocateurs de "Baron fou" et "Baron sanglant".
En février 1921, à la tête de sa division de cavalerie asiatique, Ungern parvient à chasser les troupes chinoises de Mongolie et à restaurer le pouvoir monarchique du Bogd Khan. Pendant les cinq mois d'occupation de la Mongolie extérieure, il impose un ordre redouté dans la capitale Ourga (aujourd'hui Oulan-Bator), usant de la peur et de la violence pour écraser toute opposition, en particulier celle des bolcheviks. En juin 1921, il se dirige vers la Sibérie orientale pour soutenir les forces antibolcheviques face à une invasion conjointe de l'Armée rouge et des rebelles mongols. Cependant, cette initiative se solde par une défaite et sa capture deux mois plus tard.
Fait prisonnier par l'Armée rouge, Ungern est jugé un mois après son arrestation à Novonikolaïevsk (aujourd'hui Novossibirsk). Le procès, qui ne dure que six heures et semble être une parodie de justice, se termine par une déclaration de culpabilité pour "contre-révolution". Le 15 septembre 1921, il est exécuté, mettant un terme à une vie marquée par l'ambition et la violence. Bien que baptisé Nikolai Robert Maximilian, il préférait signer simplement Ungern-Sternberg dans ses correspondances personnelles.