Peggy Guggenheim
Marguerite « Peggy » Guggenheim, figure emblématique de l'art moderne, voit le jour le 26 août 1898 à New York, dans le quartier animé de la 69e avenue. Elle s'éteint le 23 décembre 1979 à Camposampiero, près de Venise, où elle a choisi de vivre ses dernières années.
Autodidacte passionnée, Peggy a su développer un goût affûté pour l'art abstrait, guidée par des amis influents tels que Marcel Duchamp et Jean Cocteau. Sa détermination à promouvoir cet art novateur l’a souvent mise en désaccord avec son oncle, Solomon Guggenheim, qui a mis du temps à reconnaître la valeur des œuvres qu'elle avait acquises.
Elle ouvre sa propre galerie à Londres, baptisée « Guggenheim Jeune », où elle se consacre à soutenir des artistes encore méconnus. Pendant la Seconde Guerre mondiale, forte de son statut et de sa nationalité américaine, elle joue un rôle crucial en sauvant de nombreux artistes en leur fournissant de faux papiers et en finançant leur exil vers les États-Unis, collaborant ainsi avec Varian Fry.
Le nom de Peggy Guggenheim est indissociable du musée qu'elle a fondé à Venise, la Collection Peggy Guggenheim, située dans le palais Venier dei Leoni, qui fut également sa dernière demeure. Sa vie tumultueuse, souvent qualifiée de « légère » et marquée par ses nombreuses relations amoureuses, a parfois éclipsé son travail acharné et son flair artistique, rappelant ainsi l’héritage de son oncle Solomon R. Guggenheim.
Lors de son retour à New York en 1959 pour l'inauguration du musée de son oncle, elle est frappée par l'évolution commerciale du monde de l'art américain. Dans son autobiographie, elle n'hésite pas à critiquer ce nouveau paysage artistique qu'elle perçoit comme dénaturé.