Paul Klee
Né en Allemagne, Paul Klee a marqué de son empreinte le paysage artistique de la première moitié du XXe siècle. Son ascension fulgurante débute en 1917, en pleine Première Guerre mondiale, où il connaît ses premiers succès notables. Reconnu non seulement pour son talent de peintre, mais aussi pour ses compétences pédagogiques, il rejoint en septembre 1920 les rangs du Bauhaus à Weimar, l'école avant-gardiste fondée par Walter Gropius.
En 1931, il prend la direction d'une chaire à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf. Cependant, cette carrière prometteuse est brutalement interrompue en 1933 lorsque le régime nazi le renvoie, lui infligeant des attaques virulentes. En quête de refuge, il s'exile en Suisse en 1934 et entreprend une demande de naturalisation qui ne lui sera accordée qu'en 1940, quelques jours après sa disparition le 29 juin.
Ses cendres reposent au cimetière de la Schosshalde à Berne, où l'architecte Renzo Piano a érigé le Centre Paul-Klee, inauguré le 20 juin 2005. Ce lieu abrite une vaste collection d'œuvres de l'artiste, allant de ses dessins à ses marionnettes.
L'œuvre de Klee, que son fils Felix décrit comme « énigmatique », a suscité de nombreuses interrogations parmi les critiques d'art. Évoluant d'un style constructif, propre à la période du Bauhaus, elle s'oriente progressivement vers une approche plus intuitive et spirituelle. Antoni Tàpies souligne même que Klee incarne en Occident un artiste privilégié, capable d'insuffler une nouvelle dimension spirituelle à l'art, à une époque où les religions semblent vaciller. Ainsi, il se dresse comme un symbole de ce que Mircea Eliade qualifie d'unique création du monde moderne occidental.