Nino Ferrer
Nino Ferrer, né en Italie et naturalisé français, a marqué le paysage musical avec son talent d'auteur-compositeur-interprète. Sa vie artistique débute après son arrivée en France dans l'ombre de la Seconde Guerre mondiale. Passionné par l'archéologie, il ne tarde pas à céder à l'appel de la musique, jouant de la contrebasse dans un groupe de jazz amateur. Après avoir terminé ses études, il se lance dans une quête musicale qui ne sera pas sans embûches.
C'est en 1966 que sa carrière décolle avec "Mirza", une chanson pleine d'humour qui raconte l'odyssée d'un homme à la recherche de son chien perdu. Ce succès propulse Nino sur le devant de la scène, lui permettant d'enchaîner les hits tels que "Les Cornichons", "Oh ! Hé ! Hein ! Bon !" et "Le Téléfon". Pourtant, derrière cette façade de succès se cache un artiste en quête d'authenticité, désireux de se démarquer de la vague yéyé qu'il méprise et de rivaliser avec les grands noms anglo-saxons qu’il admire tant.
Dans les années 1970, il explore des genres musicaux variés allant du rock progressif au funk, en passant par le folk-rock et le rock psychédélique. Bien que ces albums témoignent de son audace créative, ils déconcertent un public français habitué à ses précédents succès. Néanmoins, deux titres marquent les esprits : "La Maison près de la fontaine" en 1972 et "Le Sud" en 1975, soutenus par ses maisons de disques. Ironiquement, ces succès le poussent à se distancier de l'industrie musicale, le fossé entre ses aspirations artistiques et son image de chanteur de variétés devenant insupportable.
Les années suivantes voient ses disques, publiés sous de petits labels, peiner à trouver un écho. Nino se détourne progressivement de la musique pour se consacrer à sa seconde passion : la peinture. Cependant, au début des années 1990, une compilation de ses plus grands succès ravive l'intérêt du public. En 1993, avec "La Désabusion", un album enregistré dans des conditions modestes, il fait son retour sur le devant de la scène.
Malheureusement, alors qu'il s'apprête à enregistrer ce qu'il souhaite être son ultime œuvre, Nino Ferrer met fin à ses jours en 1998, accablé par une dépression suite au décès de sa mère, dont il se sentait responsable. Au cours de sa carrière, il laisse derrière lui un héritage impressionnant avec plus de 200 chansons aux influences variées, témoignant d'un artiste complexe et profondément humain.