Moïse
Moïse, figure emblématique du judaïsme, se dresse comme le premier prophète selon la tradition. Son apparition dans le Livre de l'Exode le place au cœur de la Bible hébraïque, où il joue un rôle central en tant que récipiendaire de la Loi, anticipant ainsi l'arrivée de Jésus-Christ dans le christianisme et précédant le prophète Mahomet dans l'islam.
Pour les traditions monothéistes juive et chrétienne, Moïse est considéré comme l'auteur inspiré par Dieu du Pentateuque — les cinq premiers livres de la Bible qui forment la Torah juive. Ces textes relatent non seulement son propre parcours, mais aussi l'histoire des Patriarches et celle du peuple d'Israël. Moïse y est dépeint comme le prophète et le guide qui libère les Hébreux de l'esclavage en Égypte, après avoir infligé dix plaies à ce pays pour obtenir leur émancipation. Fils d'Amram et de Yokébed, il est le premier à être désigné comme « homme de Dieu » dans les Écritures.
Toujours selon ces traditions, c'est sous la guidance divine que Moïse rédige le Décalogue ainsi qu'un ensemble de lois régissant la vie religieuse, sociale et alimentaire. En plus de la notion d'une rédaction mosaïque, connue sous le nom de « Torah écrite », les rabbins lui attribuent également la réception de la « Torah orale », qui regroupe les commentaires de la Loi consignés dans la Mishna.
Dans l'islam, Moïse — ou Moussa — est le prophète le plus fréquemment mentionné dans le Coran, apparaissant à cent trente-six reprises. Il est classé parmi les « grands prophètes » et reconnu comme un messager d'Allah, annonçant l'avènement de Mahomet. Les récits coraniques relatifs à Moïse s'inspirent du Pentateuque et de l'Aggada tout en introduisant des épisodes uniques, soulignant les parallèles entre Mahomet et Moïse.
Cependant, la place exacte de Moïse dans l'histoire universelle ainsi que son historicité demeurent des sujets d'interrogation pour les chercheurs contemporains. À partir du XVIIe siècle, la tradition de la rédaction mosaïque de la Torah a été remise en question, notamment par Spinoza et Jean Astruc au XVIIIe siècle, sans pour autant contredire l'existence historique de Moïse. Par la suite, l'école de la critique biblique a émergé, abordant la Bible comme un objet d'étude scientifique.