Missak Manouchian
Missak Manouchian, militant communiste, résistant, ouvrier et poète arménien, est une figure emblématique de la résistance française. Fusillé le 21 février 1944 à la forteresse du Mont-Valérien, il est connu pour son rôle crucial en tant qu'adjoint de Joseph Epstein à la tête des FTP-MOI, un groupe de résistance actif dans la région parisienne depuis août 1943. Il se distingue comme le membre le plus gradé du « groupe Manouchian-Boczov-Rayman », composé de vingt-trois résistants arrêtés en novembre 1943 et rapidement jugés, avant d'être exécutés dans le cadre de la campagne anticommuniste et xénophobe de l'Affiche rouge.
Survivant du génocide arménien de 1915, Missak s'établit en France en septembre 1924, où il devient un « Français de préférence ». Formé comme menuisier, il enchaîne divers petits emplois, tout en cultivant sa passion pour l'écriture. Depuis son enfance, il compose des poèmes et nourrit un intérêt profond pour les arts et la culture, consignant ses réflexions dans de nombreux carnets. Il tisse des liens avec des écrivains arméniens et cofonde une revue littéraire, Tchank, avec son ami Kégham Atmadjian entre 1930 et 1931.
Son engagement politique débute après la crise du 6 février 1934, lorsqu'il rejoint le Parti communiste français (PCF), motivé par ses idéaux communistes et antifascistes. En juillet 1935, il est élu cadre au sein de la Section française du Comité de secours pour l'Arménie (HOG) et prend la direction du journal Zangou. Il joue par la suite un rôle clé au sein de l'Union populaire franco-arménienne après la dissolution du HOG en 1937.
Mobilisé dans l'armée française en octobre 1939, il est démobilisé après la défaite de juin 1940. Après une année à l'usine Gnome et Rhône d'Arnage, il devient militant communiste clandestin à partir du printemps 1941 et réussit à retourner à Paris. Arrêté le jour de l'attaque allemande contre l'URSS, il est rapidement libéré avant d'intégrer les FTP-MOI en février 1943. Alors que les arrestations se multiplient, il est désigné commissaire militaire en août 1943. Après avoir mené une trentaine d'opérations dans Paris, il est finalement capturé par les brigades spéciales de la police française après une traque prolongée. Torturé puis remis à la police secrète allemande, il est condamné à mort avec vingt-deux camarades.
Missak Manouchian meurt en héros, comme il l'écrit à son épouse Mélinée juste avant son exécution, « en soldat régulier de l’Armée française de la Libération ». Pour honorer sa mémoire, lui et son épouse seront accueillis au Panthéon le 21 février 2024, marquant ainsi le quatre-vingtième anniversaire de son exécution.