Maximilien de Robespierre
**Maximilien de Robespierre : L'Incorruptible de la Révolution Française**
Né au sein d'une fratrie de cinq enfants, Maximilien de Robespierre voit sa vie basculer dès l'âge de six ans avec la perte de sa mère. Son père, quant à lui, abandonne le foyer familial, laissant le jeune Maximilien sous la tutelle de son grand-père maternel. Après un parcours scolaire remarquable au collège d'Arras et au prestigieux collège Louis-le-Grand à Paris, il obtient un diplôme en droit et se lance dans une carrière d'avocat. En 1781, il s'inscrit au Conseil provincial d'Artois et devient même juge au tribunal épiscopal.
La Révolution française le propulse sur le devant de la scène. Élu député du tiers état lors des États généraux de 1789, Robespierre se distingue rapidement comme un fervent défenseur des droits civiques. Il plaide pour l’abolition de la peine de mort et de l’esclavage, ainsi que pour le droit de vote des populations marginalisées, tels que les gens de couleur, les juifs et les comédiens. Son engagement pour un suffrage universel masculin et l'égalité des droits le consacre comme l'un des leaders des « démocrates » à l'Assemblée nationale constituante. Son intransigeance, notamment à travers le décret du 16 mai 1791 sur la non-rééligibilité des Constituants, lui vaut le surnom d'« Incorruptible ». Membre fondateur du club des Jacobins, il en devient rapidement une figure emblématique.
En 1792, Robespierre s'oppose fermement à la guerre contre l'Autriche et se positionne contre La Fayette, soutenant la chute de la monarchie. Élu à la Convention nationale, il siège sur les bancs de la Montagne et s'oppose à la Gironde. Après les journées tumultueuses des 31 mai et 2 juin 1793, il rejoint le Comité de salut public le 27 juillet 1793, contribuant à établir un gouvernement révolutionnaire dans un contexte de guerre extérieure et de troubles intérieurs.
Au printemps 1794, Robespierre joue un rôle clé dans l'arrestation des hébertistes et des indulgents, mettant fin à la dissidence au sein du mouvement révolutionnaire. Il met également un terme à la politique de déchristianisation en faisant voter le décret du 18 floréal an II, qui reconnaît l'existence d'un être suprême et l'immortalité de l'âme. Toutefois, son ascension s'accompagne de mesures drastiques, notamment la loi de Prairial, qui intensifie la Terreur.
Le 8 thermidor an II (26 juillet 1794), Robespierre se retrouve isolé dans la Convention face à une coalition hétéroclite de Montagnards. Malgré ses efforts pour défendre ses idées, il est arrêté avec plusieurs de ses proches le lendemain. Libéré temporairement par une insurrection de la Commune, il finit par être capturé dans l'hôtel de ville où il est blessé avant d'être guillotiné le 10 thermidor avec vingt-et-un de ses partisans.
La mort de Robespierre marque un tournant décisif dans l'histoire française, entraînant une réaction thermidorienne qui met fin à la Terreur. Aujourd'hui, Robespierre demeure une figure controversée : pour certains, il est l'architecte d'un régime autoritaire, tandis que d'autres voient en lui un défenseur des droits humains et un précurseur de l’égalité sociale. Sa complexité et son héritage continuent d'alimenter les débats historiques et politiques.