Laurent Fabius
Laurent Fabius, né le 20 août 1946 à Paris, est une figure emblématique de la politique française. Membre du Parti socialiste depuis 1974, il débute sa carrière politique en tant que député de la 2e circonscription de la Seine-Maritime, un mandat qu'il occupe de 1978 à 1981.
Son ascension fulgurante débute sous la présidence de François Mitterrand, où il occupe divers postes ministériels dans les gouvernements de Pierre Mauroy. De 1981 à 1983, il est ministre du Budget, avant de devenir ministre de l'Industrie et de la Recherche jusqu'en 1984. En juillet de cette même année, il entre dans l'histoire en devenant Premier ministre à seulement 37 ans, un record qu'il maintiendra pendant près de quatre décennies jusqu'à ce que Gabriel Attal prenne les rênes à 34 ans. Sa période à Matignon prend fin après la défaite de la gauche aux élections législatives de 1986, mais il reste député de la Seine-Maritime.
La victoire de la gauche en 1988 le propulse à la présidence de l'Assemblée nationale. Cependant, son mandat est assombri par l'affaire du sang contaminé, qui ternit son image malgré sa relaxe. En 1992, il abandonne cette fonction pour devenir premier secrétaire du PS, mais démissionne un an plus tard suite à une nouvelle défaite électorale.
Le retour triomphant de la « gauche plurielle » aux élections législatives de 1997 lui permet de retrouver son poste à l'Assemblée. En 2000, il est nommé ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie dans le gouvernement Jospin. Cependant, il se démarque en votant « non » au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen.
En 2006, il se lance dans la course à la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2007, mais doit s'incliner face à Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal. Après l'élection de François Hollande en 2012, il est nommé ministre des Affaires étrangères dans les gouvernements Jean-Marc Ayrault, puis voit ses responsabilités s'étendre au Développement international sous Manuel Valls.
En 2016, il prend un nouveau tournant en devenant président du Conseil constitutionnel, succédant ainsi à Jean-Louis Debré. Il quitte ce poste le 8 mars 2025, laissant derrière lui un héritage politique marqué par des choix audacieux et des défis complexes.