Kora
La kora, instrument emblématique des traditions musicales d'Afrique de l'Ouest, trouve ses origines au Mali et s'étend à des pays voisins tels que la Gambie, le Sénégal, la Guinée et la Guinée-Bissau. Ce chef-d'œuvre à cordes est joué par le korafola, souvent un griot, connu sous différents noms selon les cultures : djéli en mandingue, guéwël en wolof ou gawlo en Toucouleur. Les lignées de musiciens qui perpétuent cet art incluent des familles prestigieuses comme les Kouyaté, Diabaté (Jobarteh), Konté (Kanté, Kanouté) et Cissokho (Suso).
La première mention écrite de la kora remonte à 1799, grâce aux récits de Mungo Park lors de ses voyages dans les régions intérieures de l'Afrique de l'Ouest. Selon une légende fascinante, la kora serait née des mains d'une femme-génie résidant dans les grottes de Missirikoro au Mali. Touché par la mélodie envoûtante de cet instrument, le célèbre chef de guerre Tiramakhan Traore décida de s'en emparer. Accompagné de ses compagnons de chasse, Waly Kelendjan et Djelimaly Oulé Diabaté, il réussit à récupérer la kora, qui fut alors confiée à Djelimaly, le griot du groupe. Cet héritage musical se transmit ensuite de génération en génération, jusqu'à atteindre Tilimaghan Diabaté qui l'introduisit officiellement au Mali.
La kora est bien plus qu'un simple instrument ; elle est chargée de symbolique. La callebasse représente le cœur, le bois évoque le végétal, la peau est liée à l'animal et le fer incarne la magie. De plus, ses 21 cordes (trois fois sept) renforcent cette dimension spirituelle. Il est important de ne pas confondre la kora avec d'autres instruments à cordes similaires comme le kamélé n'goni (soprano), le n'goni (proche de la guitare) ou le bolon (kora basse). Historiquement, les explorateurs du passé ont souvent désigné la kora sous le nom de konting, parfois confondue avec le luth ekonting, décrivant initialement un instrument à 10 cordes.