Jun Tsuji
Jun Tsuji, connu plus tard sous le nom de Ryūkitsu Mizushima, voit le jour le 4 octobre 1884 à Tokyo. Sa vie tragiquement écourtée par la sous-alimentation à l'âge de 60 ans, il s'éteint le 24 novembre 1944 dans sa ville natale. Écrivain prolifique, poète inspiré, essayiste engagé, dramaturge talentueux et traducteur averti, Tsuji incarne également les valeurs du dadaïsme, du nihilisme et de l'épicurisme. Musicien passionné de shakuhachi et acteur bohème, il laisse une empreinte indélébile dans le paysage littéraire japonais.
Dès son enfance, Tsuji se plonge dans l'univers littéraire, qu'il décrit comme « une suite de misères et de souffrances, une véritable épreuve traumatisante ». Ses lectures l’amènent à explorer des pensées humanistes inspirées par Tolstoï, à s'intéresser à l'anarchisme socialiste de Shūsui Kōtoku, ainsi qu'à découvrir les œuvres d'Oscar Wilde et de Voltaire. En 1920, il fait une rencontre décisive avec le dadaïsme et se proclame le premier dadaïste du Japon, un titre contesté par son contemporain Takahashi Shinkichi.
Fervent défenseur de l'anarchisme égoïste, influencé par la philosophie de Max Stirner, Tsuji se heurte à des divergences d'opinion avec Takahashi. En 1929, il signe la préface du recueil de poésie Ao Uma wo Mitari (« J'ai vu un cheval pâle ») de la féministe Fumiko Hayashi, témoignant ainsi de son engagement dans les cercles artistiques radicaux de son époque. Sa contribution à la littérature japonaise reste un héritage précieux, marquant les esprits par ses idées audacieuses et son approche avant-gardiste.