Jean Calvin
Jean Calvin, né Jehan Cauvin le 10 juillet 1509 à Noyon et décédé le 27 mai 1564 à Genève, est une figure marquante de la Réforme protestante du XVIe siècle. Théologien français de renom, il est surtout connu pour son rôle central dans l'élaboration du calvinisme.
Après avoir suivi des études de droit, Calvin se détourne de l'Église catholique romaine aux alentours de 1530. Fuyant les persécutions qui frappent les futurs « protestants » en France, il trouve refuge à Bâle, en Suisse. C'est là qu'il publie en 1536 son œuvre maîtresse, l'Institution de la religion chrétienne. La même année, il est sollicité par Guillaume Farel pour participer à la réforme de l'Église à Genève. Cependant, un conflit avec le Conseil municipal conduit à leur expulsion.
Invité par Martin Bucer, Calvin s'installe à Strasbourg entre 1538 et 1541, où il devient pasteur d'une communauté de réfugiés français et wallons. Depuis Strasbourg, il continue de soutenir le mouvement réformateur genevois, notamment en rédigeant une réponse cinglante aux tentatives de retour des catholiques, orchestrées par l’évêque Sadolet. Son influence grandissante lui permet de revenir à Genève en 1541.
De retour dans la cité, Calvin introduit une liturgie renouvelée et des idées politiques audacieuses, malgré la résistance de familles influentes qui cherchent à contrecarrer son autorité. Le procès de Michel Servet, qui se solde par son exécution sur le bûcher, illustre les tensions qui l'entourent. Grâce à de nouvelles élections et à l’arrivée de réfugiés favorables à ses idées, Calvin parvient à marginaliser ses opposants au Conseil municipal. Il consacre ses dernières années à promouvoir la Réforme tant à Genève qu'à travers l'Europe.
Apologète passionné et polémiste aguerri, Calvin engage de nombreuses controverses théologiques et entretient une correspondance prolifique avec des figures réformées telles que Philippe Melanchthon et Heinrich Bullinger. En plus de l’Institution, il rédige des commentaires sur presque tous les livres de la Bible ainsi que divers traités de théologie et confessions de foi. Prêchant régulièrement à Genève, il écrit également pour soutenir les martyrs protestants confrontés à la mort. Influencé par la tradition augustinienne, il développe les concepts de prédestination et de souveraineté absolue de Dieu dans le processus de rédemption et de damnation. Ses écrits et sermons posent les fondations de la théologie réformée, influençant durablement les Églises réformées, presbytériennes et congrégationnalistes qui diffusent sa pensée à travers le monde.