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Toutes les stars ont une histoire

Photo de Isis
Source : Wikimedia | Par : Anonyme (Égypte)Unknown author | Licence : Public domain

Isis

Isis, figure emblématique de l'Égypte antique, incarne à la fois une reine mythique et une déesse funéraire. Souvent dépeinte comme une jeune femme ornée d'un trône sur la tête ou, à l'image d'Hathor, coiffée d'une perruque surmontée d'un disque solaire encadré par deux cornes de vache, elle est une des divinités centrales de l'Ennéade d'Héliopolis. Sœur et épouse du bienveillant Osiris, dont le règne était synonyme d'harmonie cosmique, son existence paisible est brutalement perturbée par l'assassinat de son époux orchestré par Seth, un dieu jaloux et violent.

Après avoir retrouvé le corps d'Osiris dissimulé dans les marécages de Chemnis, Isis fait face à un nouveau coup du sort lorsque Seth le découpe en quatorze morceaux. Ne se laissant pas abattre, elle s'engage dans une quête acharnée, accompagnée de Nephtys, Thot et Anubis, pour rassembler les membres éparpillés et reconstituer le corps de son mari par la momification. Grâce à son pouvoir, elle parvient à revivifier Osiris, le transformant en souverain éternel de la Douât, un royaume paradisiaque peuplé d'esprits immortels, sous la protection vigilante d'Anubis, son fils adoptif.

Sous l'apparence d'un oiseau rapace, Isis s'unit à la momie de son époux et conçoit Horus. Élevé dans les marais de Chemnis, Horus grandit fortifié par le lait maternel d'Isis. Ensemble, ils affrontent Seth pendant des décennies, soutenus par Rê, qui se montre plutôt hostile envers Horus. Après de nombreuses épreuves, Horus finit par revendiquer son héritage paternel et devient le modèle du pharaon idéal.

Le culte d'Isis voit le jour à la fin de l'Ancien Empire, vers le XXIVe siècle avant notre ère. Initialement associé aux rites funéraires, il prend une ampleur considérable durant le premier millénaire avant notre ère, faisant d'Isis une déesse universelle prisée. Les pharaons ptolémaïques lui bâtissent des sanctuaires majestueux tels que l'Iséum en Basse-Égypte et Philæ en Nubie. Entre le IVe siècle avant notre ère et le IVe siècle de notre ère, sa vénération s'étend à travers le bassin méditerranéen, où de nombreux temples lui sont consacrés en Grèce et en Italie. Ce phénomène entraîne un syncrétisme où les rites égyptiens se mêlent à la pensée religieuse gréco-romaine, donnant naissance aux Mystères d'Isis, des cérémonies initiatiques secrètes.

Cependant, avec l'essor du christianisme, le culte d'Isis décline et finit par disparaître aux Ve et VIe siècles de notre ère. Néanmoins, son héritage perdure à travers les écrits des érudits médiévaux et universitaires. La perte de la lecture des hiéroglyphes altère sa représentation, souvent filtrée par les auteurs grecs et latins de l'Antiquité tardive. À la fin du Moyen Âge et au cours de la Renaissance, Isis devient un sujet de fascination pour les intellectuels qui l'intègrent dans leurs études mythographiques. Son mythe se mêle à celui de la nymphe Io et son image est parfois confondue avec celle d'Artémis multimammia.

Au XVIIIe siècle, des philosophes francs-maçons attirés par l'égyptomanie réinventent les Mystères d'Isis dans leurs rituels initiatiques. Artistes et poètes explorent l'image de la déesse voilée, faisant d'elle le symbole des lois cachées de la Nature.

Avec le déchiffrement des hiéroglyphes au XIXe siècle et l'émergence de l'égyptologie, les aspects authentiques d'Isis sont redécouverts et popularisés. Toutefois, son aura ésotérique perdure dans certains cercles confidentiels. Depuis les années 1950, particulièrement aux États-Unis, Isis est célébrée au sein des convents kémitistes de la Wicca comme une grande déesse originelle, maternelle et lunaire.