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Photo de Hypatie
Source : Wikimedia | Par : Alfred Seifert | Licence : Public domain
Âge55 ans (à son décès)
Naissance30/11/0359
Décès01/03/0415
PaysEmpire byzantin
MétierMathématicienne, philosophe, astronome, écrivaine, inventeur

Hypatie

Hypatie, née entre 355 et 370 à Alexandrie, est une figure emblématique de la philosophie néoplatonicienne, mais également une astronome et mathématicienne d'exception. Sa vie s'achève tragiquement en 415, victime de la violence de chrétiens fanatiques. En tant que femme de lettres et de sciences, elle dirige l'école néoplatonicienne d'Alexandrie, où elle transmet son savoir en philosophie et astronomie. Elle est reconnue comme la première mathématicienne dont l'existence est solidement documentée.

De son vivant, Hypatie est célébrée pour son enseignement et sa sagesse. La Souda, unique source à mentionner ses œuvres, lui attribue un commentaire sur les Arithmétiques de Diophante d'Alexandrie, dont des fragments ont pu se fondre dans le texte que nous connaissons aujourd'hui. Elle aurait également rédigé un autre commentaire, malheureusement perdu, sur le traité d'Apollonios de Perga sur les sections coniques. Son talent va jusqu'à la construction d'astrolabes et d'hydromètres.

Bien qu'elle ne soit pas chrétienne, Hypatie fait preuve d'une tolérance remarquable envers les premiers chrétiens. Elle forme de nombreux étudiants chrétiens, parmi lesquels Synésios de Cyrène, qui deviendra évêque de Ptolémaïs. Tout au long de sa vie, elle reste la conseillère d'Oreste, préfet d'Égypte, en désaccord avec Cyrille, évêque d'Alexandrie. Les rumeurs insinuant qu'elle exacerbe ce conflit mènent, en mars 415, à son assassinat par une foule de moines chrétiens, incités par un certain Pierre sous l'influence de Cyrille.

La mort d'Hypatie provoque une onde de choc à travers l'Empire, transformant cette sage en une véritable « martyre de la philosophie ». Son héritage inspire les néoplatoniciens ultérieurs, comme Damascios, qui deviennent des adversaires fervents du christianisme. Au fil des siècles, son symbole est réinterprété : durant le Moyen Âge, elle est détournée pour incarner des vertus chrétiennes, possiblement à l'origine de la légende de Catherine d'Alexandrie.

Au siècle des Lumières, Hypatie retrouve sa place en tant que symbole de résistance au catholicisme. L'écrivain Charles Kingsley la remet au goût du jour en 1853 avec un récit romancé de sa vie. Au XXe siècle, elle devient une icône du féminisme et du mouvement pour les droits des femmes. Bien que certaines descriptions associent sa mort à l'incendie de la grande bibliothèque d'Alexandrie, les faits montrent que ces événements sont en réalité distincts.