Hashim Thaçi
Hashim Thaçi, né le 24 avril 1968 à Skenderaj, au Kosovo, est une figure politique emblématique du pays. Il a exercé la fonction de président de la République du 7 avril 2016 jusqu'à sa démission le 5 novembre 2020.
En 1999, il co-fonde le Parti démocratique du Kosovo (PDK), qui est la branche politique de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK). Toutefois, son parcours est entaché par des accusations graves : un rapport de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe le désigne comme le chef d'un groupe criminel à Drenica, impliqué dans des actes de trafic d'organes sur des prisonniers, principalement serbes, entre 1998 et 2000. Bien que les autorités kosovares aient qualifié ce rapport d'« infondé et diffamatoire », le tribunal spécial pour le Kosovo a mis Thaçi en examen le 26 juin 2020 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, concernant des victimes civiles serbes et albanaises modérées. Les charges incluent des meurtres, des disparitions forcées, ainsi que des actes de persécution et de torture.
Après la guerre, il s'engage résolument dans la sphère politique. En novembre 2007, il conduit le PDK à une victoire éclatante aux élections législatives, surpassant la LDK de Fatmir Sejdiu. Surnommé « Le Serpent », il accède au poste de Premier ministre du Kosovo en janvier 2008 et proclame l'indépendance du pays le mois suivant.
Les élections anticipées de 2010 consolident la position du PDK, permettant à Thaçi de poursuivre son mandat. Cependant, en 2014, il subit une défaite face à la LDK d'Isa Mustafa. Après six mois de négociations, un accord est trouvé entre les deux partis, et Thaçi devient ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Mustafa.
Élu président de la République en février 2016 lors d'un troisième tour de scrutin, il prend ses fonctions deux mois plus tard, se retirant alors de la direction du PDK et de la diplomatie. Sa carrière politique prend un tournant dramatique lorsqu'il annonce sa démission le 5 novembre 2020, suite à son inculpation par le tribunal spécial pour le Kosovo concernant les exactions commises par l'UÇK dont il était un dirigeant.
En 2023, il se retrouve devant le Tribunal spécial pour le Kosovo à La Haye, où il est jugé pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, marquant ainsi un chapitre controversé de l'histoire politique du Kosovo.