Hadrien
Né en 76 et décédé le 10 juillet 138 à Baïes, Hadrien, empereur romain de la dynastie des Antonins, a marqué l’histoire de Rome par son règne éclairé et sa vision singulière de l’Empire. Successeur de Trajan en 117, il choisit de rompre avec la politique expansionniste de son prédécesseur pour se concentrer sur la paix intérieure et l’organisation administrative. Son souci de sécuriser les frontières de l’Empire le conduit à ériger le célèbre mur d'Hadrien en 122, délimitant ainsi le nord de la Bretagne romaine.
Hadrien n’est pas seulement un administrateur avisé ; il est également un empereur lettré, poète et philosophe. Tout au long de son règne, il parcourt presque toutes les provinces, promouvant le développement culturel et soutenant financièrement divers projets artistiques. À Rome, il entreprend la reconstruction complète du Panthéon et édifie le temple dédié à Vénus et à Rome. Sa passion pour la Grèce le pousse à envisager Athènes comme la capitale culturelle de l’Empire, où il ordonne la construction de somptueux temples.
Sa relation avec le jeune Antinoüs, tragiquement interrompue par la mort prématurée de ce dernier, incite Hadrien à fonder Antinoupolis sur les rives du Nil en hommage à son compagnon. Cependant, les dernières années de son règne sont assombries par la maladie et la révolte de Bar Kokhba, qu'il perçoit comme un échec de son idéal panhellénique. Dans un contexte difficile, il prend des décisions difficiles, allant jusqu'à exécuter plusieurs sénateurs.
N’ayant pas d’enfant avec son épouse Sabine, Hadrien adopte Antonin le Pieux en 138, désignant ce dernier comme héritier. Il s'éteint dans la même année à Baïes, laissant derrière lui un héritage complexe. Malgré l'opposition du Sénat, Antonin le fait diviniser, témoignant des contradictions qui caractérisent Hadrien : un homme à la fois généreux et impitoyable, animé par une curiosité insatiable et une ambition démesurée.