Grigori Raspoutine
Grigori Raspoutine, un humble paysan russe, s'est élevé au rang de pèlerin itinérant, mystique vénéré et guérisseur par la prière. Sa renommée est étroitement liée à sa relation avec la cour du dernier empereur de Russie, Nicolas II, et de l'impératrice Alexandra Fiodorovna. De son vivant, il était perçu comme une figure empreinte d'une aura mystique unique, un aspect qui a largement contribué à forger sa légende.
Originaire des terres reculées de la Sibérie, Raspoutine se présente comme un strannik, un voyageur animé d'une profonde religiosité populaire, sans pour autant être moine ou membre reconnu du clergé orthodoxe. Bien que certains de ses contemporains l'aient qualifié de starets, aucune reconnaissance officielle de ce titre n'est attestée par les instances ecclésiastiques. Son influence en tant que thaumaturge repose essentiellement sur son charisme personnel et sur la réputation de guérisseur qui l'accompagne.
À partir de 1907, il est introduit à la cour impériale par l'impératrice, qui espère qu'il pourra soulager les souffrances de son fils, le tsarévitch Alexis, atteint d'hémophilie. Cette proximité le propulse au cœur des affaires de la cour, surtout durant la Première Guerre mondiale. La perception d'une influence excessive de Raspoutine sur l'impératrice alimente les critiques à l'encontre du régime et ternit l'image des Romanov.
Cependant, la vie et le rôle de Raspoutine restent enveloppés de mystères. Sa biographie est souvent fondée sur des témoignages biaisés, des mémoires postérieurs, des rumeurs de son époque et une littérature polémique foisonnante, rendant nécessaire une approche critique des sources. Son assassinat est devenu l'un des épisodes les plus emblématiques de son existence, marquant durablement sa postérité.