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Photo de Gisèle Halimi
Source : Wikimedia | Par : Olivier « toutoune25 » Tétard | Licence : CC BY-SA 3.0
Âge93 ans (à son décès)
Naissance27/07/1927
Décès28/07/2020
PaysFrance, protectorat français de Tunisie, Tunisie
MétierPersonnalité politique, avocate, essayiste, juriste, écrivaine

Gisèle Halimi

**Gisèle Halimi : Une Vie au Service des Droits et de l'Égalité**

Née Zeiza Taïeb le 27 juillet 1927 à La Goulette, en Tunisie, Gisèle Halimi s'éteint à Paris le 28 juillet 2020. Avocate passionnée, militante féministe et femme politique franco-tunisienne, elle a marqué son époque par son engagement indéfectible en faveur des droits humains et de l'égalité des sexes.

Dès les années 1950, Gisèle Halimi se fait connaître en défendant des militants algériens en quête d’indépendance, notamment ceux du Front de libération nationale (FLN). En 1960, elle prend en charge la défense de Djamila Boupacha, une militante condamnée pour tentative d'assassinat et victime de tortures inhumaines par des soldats français. En collaboration avec Simone de Beauvoir, elle médiatise ce procès, révélant au grand public les atrocités commises durant la guerre d'Algérie.

Figure emblématique du féminisme en France, elle est l'une des rares avocates à signer le manifeste des 343 en 1971, un appel audacieux de femmes ayant avorté et revendiquant le droit à l'avortement, alors illégal. Dans cette dynamique, elle co-fonde le mouvement "Choisir la cause des femmes" aux côtés de personnalités comme Simone de Beauvoir et Jean Rostand. Son rôle lors du procès de Bobigny en 1972 est décisif : grâce à sa défense, trois femmes accusées d'avortement illégal obtiennent l'acquittement, tandis qu'une quatrième bénéficie d'un sursis. Ce combat pave la voie à la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse adoptée en 1975.

Son engagement ne s'arrête pas là. En 1974, elle défend deux jeunes femmes victimes d'un viol collectif, Anne Tonglet et Araceli Castellano. Son action médiatisée contribue à l'adoption d'une législation en 1980 qui redéfinit le viol comme un crime, mettant fin à son traitement comme un simple délit dans le droit français.

Proche de François Mitterrand, Gisèle Halimi est élue députée lors des élections législatives de 1981 et sert jusqu'en 1984. Elle se bat pour la parité en politique et réussit à faire voter un article de loi sur les quotas par sexe aux élections en 1982, bien que ce texte soit annulé par le Conseil constitutionnel. Avec Robert Badinter, elle joue un rôle clé dans l'abrogation de la distinction de la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels.

À partir de 1985, elle occupe divers postes à l'UNESCO et à l'Organisation des Nations unies, où elle œuvre pour la parité entre hommes et femmes dans la vie politique. En 1998, elle co-fonde l'association altermondialiste ATTAC.

En 2008, Gisèle Halimi publie avec l'association Choisir un essai intitulé "La clause de l'Européenne la plus favorisée", qui appelle à garantir à toutes les citoyennes des pays membres de l'Union européenne les meilleures dispositions en matière de droits des femmes. Son héritage perdure, inspirant des générations dans la lutte pour l'égalité et les droits fondamentaux.