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Photo de Épicure
Source : Wikimedia | Par : Artiste inconnuUnknown artist | Licence : Public domain
PaysAthènes
MétierPhilosophe, écrivain

Épicure

Épicure, figure emblématique de la philosophie grecque, voit le jour à la fin de l'année 342 av. J.-C. ou au début de l'année suivante, avant de quitter ce monde en 270 av. J.-C. En 306 av. J.-C., il fonde l’épicurisme, une des écoles de pensée les plus influentes de l'Antiquité.

Son école, souvent désignée sous le nom de "Jardin", tire son appellation du lieu où Épicure résidait, en dehors des murs d'Athènes, entouré de sa famille et de ses amis-disciples. Ce qui fait la singularité de ce groupe, c'est l'inclusion de femmes et d'esclaves, une rareté pour l'époque.

La pensée d’Épicure repose sur des principes physiques inspirés en grande partie par Démocrite. Selon lui, tout ce qui existe est constitué d'atomes en mouvement dans le vide, et même les dieux, immortels et indifférents à nos affaires, sont le fruit de ces atomes. Il rejette l'idée de providence, affirmant que l'âme, tout comme le corps, se dissout à la mort. Pour Épicure, il n'existe ni vie après la mort, ni destin, ni finalité : son matérialisme est radical.

Il déclare que "le plaisir est le principe et la fin de la vie heureuse" (À Ménécée, 129). Cependant, pour apprécier pleinement ces plaisirs, il est essentiel d'atteindre la paix intérieure, la sérénité, ou ataraxie. Épicure enseigne qu'il ne faut pas craindre les dieux, car ceux-ci sont éloignés de nos vies et n'ont pas besoin d'être priés ou craints. De même, la mort ne doit pas être redoutée : elle est insignifiante pour les vivants comme pour les morts. Il prône une approche réfléchie des plaisirs, conseillant d'éviter ceux qui engendrent plus de souffrances que de satisfactions.

L’amitié et la famille occupent une place centrale dans sa philosophie. Le plaisir qu’Épicure valorise est un plaisir partagé : la "vie bienheureuse" s'épanouit grâce aux liens amicaux, considérés comme le plus grand bienfait que la sagesse puisse offrir.

L’épicurisme a su séduire les élites romaines au cours de la République et de l'Empire, jusqu'au IIIe siècle. Cicéron lui-même se plaint que "les épicuriens occupent toute l'Italie" dans ses Tusculanes (IV,3). Au IIIe siècle, Diogène Laërce lui consacre un chapitre entier dans ses Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres. Ce chapitre constitue notre principal témoignage biographique sur Épicure et présente un aperçu de sa doctrine ainsi qu'une liste de ses œuvres majeures.

Malheureusement, de son vaste corpus philosophique ne subsistent que quelques écrits clés, tels que la lettre à Hérodote (physique), la lettre à Pythoclès (phénomènes célestes), la lettre à Ménécée (éthique) et les 40 Maximes capitales. En outre, 81 Sentences vaticanes découvertes au XIVe siècle offrent un aperçu supplémentaire, bien que leur attribution à Épicure soit parfois contestée.

Dès le IIIe siècle, l'épicurisme est considéré comme une hérésie par les chrétiens en raison de son matérialisme et de sa vision de l'âme. Dante lui réserve une place particulière dans sa Divine Comédie, reléguant Épicure au sixième cercle de l'enfer. Les disciples d’Épicure sont souvent caricaturés comme des "pourceaux", obsédés par les plaisirs sensuels.

C'est grâce à Lucrèce, poète et disciple d'Épicure, que sa philosophie perdure. Son œuvre majeure, le De rerum natura, redécouverte à l'aube de la Renaissance en 1417, a permis de redonner vie aux idées épicuriennes.

Au IIe siècle après J.-C., Diogène d'Œnoanda fait graver des textes d'Épicure sur un portique monumental, offrant ainsi un précieux témoignage sur l'épicurisme en Asie Mineure. En 1750, des papyrus carbonisés retrouvés à Herculanum révèlent une bibliothèque philosophique contenant des écrits d'Épicure, dont La Nature en 37 livres. La reconstitution de cet héritage intellectuel est un défi qui se poursuit encore aujourd'hui.