Edmund Husserl
Né en Autriche et devenu prussien, Edmund Husserl, un penseur incontournable du XXe siècle, a marqué la philosophie par sa fondation de la phénoménologie. Ce logicien et philosophe, qui nous a quittés le 27 avril 1938 à Fribourg-en-Brisgau, a laissé une empreinte indélébile sur la pensée contemporaine.
Husserl a d'abord plongé dans l'univers des mathématiques, étudiant auprès de figures éminentes telles que Karl Weierstrass et Leo Königsberger, avant de se tourner vers la philosophie sous l'égide de Franz Brentano et Carl Stumpf. Sa carrière académique débute en 1887 à l'université Martin-Luther de Halle-Wittemberg en tant que Privatdozent, avant qu'il ne prenne les rênes de l'enseignement à l'université de Göttingen en 1901. De 1916 jusqu'à sa retraite en 1928, il occupe un poste à l'université Albert Ludwig de Fribourg, où il continue de produire des œuvres influentes jusqu'à la fin de sa vie. Ses archives précieuses sont aujourd'hui conservées à l'Institut supérieur de philosophie de l'université catholique de Louvain.
Dans ses recherches initiales, Husserl s'attache à établir un lien entre mathématiques, psychologie et philosophie pour poser les bases des mathématiques. Il explore le processus psychologique qui sous-tend le concept de nombre, s'inspirant de la pensée de Weierstrass pour avancer que ce concept émerge lorsque nous comptons des objets spécifiques. En s'appuyant sur les idées de Brentano et Stumpf, il introduit la distinction entre représentation propre et impropre : une image claire d'un objet est formée lorsqu'il est présent physiquement, tandis qu'une représentation symbolique intervient lorsque cet objet est évoqué par des signes.
Sa première œuvre majeure, "Recherches logiques" (1900-1901), marque un tournant décisif : Husserl s'éloigne du psychologisme et érige la phénoménologie en tant que science capable de révéler le lien entre l'homme et le monde, défiant ainsi les sciences naturelles qu'il considère insuffisantes. Cette démarche est suivie par d'autres contributions majeures, notamment "Idées I" (1913) et "Krisis" (1936), qui continueront d'influencer profondément la philosophie moderne.