Christophe Colomb
Christophe Colomb, navigateur génois emblématique, voit le jour en 1451 sur le sol de la république de Gênes et s’éteint le 20 mai 1506 à Valladolid, en Espagne. Célèbre pour avoir, selon une interprétation souvent remise en question, « découvert l'Amérique » en octobre 1492, il agit alors sous l’égide des Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon.
À l’origine, Colomb navigue et commerce en Méditerranée pour le compte de négociants génois avant de s'installer au Portugal en 1476. Tandis que les marins portugais explorent les côtes africaines depuis les années 1420, Colomb élabore un projet audacieux : atteindre les Indes en traversant l’océan Atlantique. Son idée, présentée au roi du Portugal Jean II en 1484, est rejetée, ce qui le pousse à émigrer en Castille en 1485. Il tente alors de convaincre les Rois catholiques de financer son expédition, un effort qui ne porte ses fruits qu’en janvier 1492, juste après la prise de Grenade et l’achèvement de la Reconquista.
Désigné en avril 1492 par les capitulations de Santa Fe, Colomb quitte Palos de la Frontera en août avec trois caravelles. Deux mois plus tard, il atteint des îles qu'il croit proches des Indes, donnant aux habitants le nom d'« Indiens » (Indios), alors qu'il s'agit en réalité des Caraïbes, notamment d'Hispaniola (aujourd'hui partagée entre Haïti et la République dominicaine). À son retour en mars 1493, il est accueilli en héros et reçoit le titre d’« amiral de la mer Océane, gouverneur et vice-roi des Indes », accédant ainsi au rang des grands d'Espagne.
Son deuxième voyage, débutant en septembre 1493, marque le début de la colonisation d'Hispaniola où il est nommé gouverneur. Malheureusement, ses compétences d'administrateur ne sont pas à la hauteur de ses talents de navigateur. Critiqué et sous pression, il rentre en Espagne en 1496 mais repart pour Hispaniola en 1498. La situation ne s'améliore pas et, en 1500, un émissaire royal l'arrête et le renvoie en Espagne. Bien qu'il soit rapidement libéré par les souverains, il perd ses titres et se voit interdire de faire escale à Hispaniola lors de son quatrième voyage en 1502. Ce dernier périple est semé d'embûches et il revient épuisé en Espagne en 1504, décédant deux ans plus tard.
À sa mort, Colomb reste convaincu d'avoir atteint les Indes. Il laisse à Amerigo Vespucci le soin de populariser le concept de « Nouveau Monde » en 1503, qui sera par la suite désigné « Amérique » par des cartographes vosgiens en hommage à Vespucci. Malgré tout, l’héritage de Colomb est indéniable : il a découvert de nombreuses îles des Caraïbes et a contribué à leur nomenclature, notamment avec des noms tels que Guadeloupe et Dominique. Son nom perdure à travers plusieurs territoires du Nouveau Continent, dont la Colombie.
Bien que Colomb ne soit pas le premier Européen à avoir traversé l'Atlantique — les Vikings ayant établi des colonies au Groenland et atteint le Canada vers l’an 1000 — ses expéditions ont donné lieu à un échange humain et biologique sans précédent dans l’histoire, connu sous le nom d’« échange colombien ». Ainsi, Christophe Colomb demeure une figure centrale des grandes découvertes des XVe et XVIe siècles, marquant la transition entre le Moyen Âge et les Temps modernes.