Camillo Cavour
Camillo Benso, comte de Cavour, voit le jour le 10 août 1810 à Turin et s'éteint dans la même ville le 6 juin 1861. Homme d'État influent, il joue un rôle clé dans le mouvement pour l'unité italienne, se hissant aux côtés de figures emblématiques telles que Giuseppe Garibaldi, Victor-Emmanuel II et Giuseppe Mazzini, considérés comme les « pères de la patrie » italienne.
Cavour se distingue comme l'un des acteurs majeurs du Risorgimento. Bien qu'il n'ait pas de plan défini pour l'unification de l'Italie, il parvient à fédérer la majorité des patriotes autour du royaume de Sardaigne, orchestrant les événements qui mèneront à la création du royaume d'Italie. Contrairement à Giuseppe Mazzini, dont il rejette les idées républicaines, Cavour se retrouve souvent en désaccord avec Garibaldi, redoutant ses ambitions révolutionnaires.
Entre 1850 et 1861, il occupe des postes clés au sein du gouvernement du royaume de Sardaigne, devenant ministre puis chef du gouvernement. Avec la proclamation du royaume d'Italie en 1861, il est nommé le tout premier président du Conseil (Premier ministre) de ce nouvel État. Malheureusement, sa carrière est écourtée par la maladie, et il décède seulement 75 jours après avoir pris ses fonctions.
Sur le plan intérieur, Cavour défend ardemment le Statut albertin et incarne les valeurs libérales et réformatrices en tant que leader de la droite modérée. Il scelle un accord ironique avec la gauche monarchique d'Urbano Rattazzi, visant à mettre en œuvre des réformes tout en écartant les extrêmes du Parlement. Ses actions lui valent l'hostilité du pape Pie IX, notamment en raison de la suppression de nombreuses congrégations religieuses.
En matière économique, Cavour est un fervent promoteur du libre-échange avec les pays voisins. Il réorganise le système fiscal, encourage la collaboration entre les secteurs public et privé et investit massivement dans l'industrie textile et les chemins de fer pour connecter les lignes italiennes et françaises. Il s'emploie également à moderniser l'agriculture en introduisant des techniques d'irrigation et l'utilisation d'engrais pour lutter contre les famines récurrentes.
Sur la scène internationale, Cavour tisse des liens étroits avec les monarchies libérales d'Europe, notamment le Royaume-Uni et la France du Second Empire. Grâce à l'appui déterminé de Napoléon III, il parvient à étendre le territoire du Piémont dans le Nord de l'Italie au détriment de l'Autriche, puis à annexer les duchés de Parme, Modène et Toscane par plébiscites, ainsi que le royaume des Deux-Siciles et les États pontificaux par conquête.