Barthélemy d'Eyck
Barthélemy d'Eyck, artiste peintre d'origine liègeoise, a marqué la scène artistique entre 1444 et 1470 en tant que fidèle créateur au service de René d'Anjou. Ce maître de la peinture sur bois, des enluminures et des dessins a su s'imposer dans l'univers de la cour, où il a laissé une empreinte indélébile.
Les archives historiques le désignent régulièrement comme le peintre attitré de René d'Anjou, un prince originaire de Maaseik, dans les actuels Pays-Bas, qui porte également le titre de roi titulaire de Naples. Cependant, malgré cette reconnaissance, aucune œuvre ne peut lui être formellement attribuée. C'est grâce à des analyses stylistiques menées par des historiens de l'art que son corpus a pu être constitué au fil du temps. Dès la fin du XIXe siècle, des hypothèses ont commencé à émerger, mais c'est surtout depuis les années 1980 que des chercheurs tels que Charles Sterling, François Avril et Nicole Reynaud ont permis d'associer son nom à plusieurs œuvres auparavant attribuées à des artistes anonymes.
Barthélemy d'Eyck est désormais identifié comme le « Maître du cœur d'amour épris », également connu sous le nom de « Maître du roi René ». Il est probablement l'auteur des enluminures de plusieurs manuscrits précieux destinés à René d'Anjou, dont le célèbre Livre du cœur d'Amour épris, ainsi que des œuvres comme le manuscrit de la Théséide et le Livre des tournois. Certains spécialistes avancent même qu'il pourrait avoir contribué à des ajouts au calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry. De plus, il est associé au « Maître du triptyque d'Aix », ce qui lui permet d'être reconnu pour sa participation à la création du Triptyque de l'Annonciation d'Aix et à plusieurs autres panneaux en bois du début de la seconde moitié du XVe siècle.
Son style, richement influencé par Robert Campin et Jan van Eyck, se distingue par des personnages massifs et des regards énigmatiques, souvent tournés sur le côté. Barthélemy d'Eyck excelle dans l'utilisation des ombres et du clair-obscur, techniques qu'il a sans doute perfectionnées lors de son séjour en Provence. Par ailleurs, il intègre fréquemment des symboles héraldiques et des emblèmes, en écho à son lien étroit avec son mécène, le roi René. Bien que certaines attributions restent encore débattues parmi les historiens, la reconnaissance de son œuvre continue de croître et d'affirmer sa place dans l'histoire de l'art.