Abbé Pierre
Henry Grouès, plus connu sous le nom de l'« abbé Pierre », voit le jour le 5 août 1912 à Lyon, dans le 4e arrondissement. Ce prêtre catholique français laisse une empreinte indélébile dans l'histoire sociale de son pays avant de s'éteindre le 22 janvier 2007 à Paris, dans le 5e arrondissement.
Dès 1939, il exerce en tant que vicaire dans le diocèse de Grenoble, mais la Seconde Guerre mondiale bouleverse son parcours. Initialement, il soutient le régime de Vichy et le maréchal Pétain, avant de prendre un virage décisif en devenant résistant. En tant que passeur, il aide des familles juives à échapper aux griffes du régime nazi, puis rejoint les maquisards pour combattre l'occupant. À la Libération, son engagement politique le mène à être élu député de Meurthe-et-Moselle sous la bannière du Mouvement républicain populaire.
L’abbé Pierre est surtout reconnu pour avoir cofondé le mouvement Emmaüs, une initiative non confessionnelle dédiée à la lutte contre l'exclusion. Ce mouvement englobe la Fondation Abbé-Pierre, qui œuvre pour le logement des plus démunis et regroupe diverses associations, fondations et entreprises œuvrant dans l'économie sociale et solidaire en France.
Cependant, des révélations récentes ont jeté une ombre sur son héritage. Quatre rapports, commandés par Emmaüs et publiés entre juillet 2024 et 2025, ont mis en lumière des violences sexuelles commises par l'abbé Pierre sur des femmes et des enfants, garçons et filles, entre les années 1950 et 2005. Ces actes avaient été partiellement portés à la connaissance d'Emmaüs, de l'épiscopat français et du Vatican dès 1955.